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- Essai de reconstitution numérique du visage du sarcophage dit « d’Akhénaton » de la KV 55 :: essai numerique
Apercu : Egypte les vestiges du décor de la cuve d’un cercueil anthropoïde restaurés sur un moule en plexiglas. Il fut restauré en 1915 et conservé au musée. De quel personnage cette tombe était-elle donc la sépulture ? Cette dégradation n’a de sens que si l’on tient compte du fait qu’elle fut accompagnée –plus précisément, précédée- par le découpage quasi méthodique du cartouche présent sur le bandeau de texte, déroulé de la poitrine aux pieds du cercueil. Il s’agit d’un acte de désacralisation du réceptacle chargé de protéger et régénérer le corps du défunt. Une ultime et définitive procédure de damnatio memoriae puisque, ce faisant, on rendait anonyme la dépouille, y compris dans l’au-delà. Il faut d’ailleurs souligner le contraste certain entre le soin qui semble avoir été pris pour ôter le cartouche en suivant ses contours et le mouvement nettement plus brutal pour arracher le visage. Les vestiges de la feuille d’or, plus épaisse donc plus résistante, montrent qu’on n’a pas cherché à soigner le travail, peut-être par manque de temps. Les traces d’un bandeau marquant le point de raccord avec la perruque sont encore visibles. Cet ensemble repose sur une pièce de bois adoptant l’ovale du visage, légèrement bombée en sa partie médiane et dotée de deux cavités, grossièrement taillées, correspondant à la position initiale des yeux. Cette pièce de bois porte les marques de nombreuses craquelures dont on a expliqué la présence en indiquant qu’elles résulteraient des coups de burin destinés à détruire le revêtement du visage. Je propose plutôt d’y voir l’état de vieillissement naturel d’une zone laissée brute dès sa conception et destinée à recevoir une couverture d’or par la suite, le visage à proprement parler. Si l’on tient compte de la partie restante, on observe que la feuille d’or ne semble pas être uniformément plaquée sur une forme mais vient plutôt coiffer un volume plus simple par endroits, sans détails. Au niveau du nez par exemple, il n’y a pas de traces d’éclat ou d’entaille plus marquée dans le bois, comme on pourrait s’y attendre sur un objet ayant subi des coups pratiqués au moyen d’une masse ou d’un burin. Davis in situ, il est quasiment impossible de distinguer le détail de ce « masque de bois » tel qu’il est apparu aux archéologues lors de sa découverte. On pourra cependant remarquer que la zone du couvercle mise à nu sur le bandeau de texte, à l’endroit où le cartouche a été détruit, présente les mêmes craquelures. La précision du travail de découpage –même s’il faut tenir compte des restaurations modernes- exclut qu’il ait été pratiqué brutalement avec un instrument grossier (une herminette, un ciseau). Cette opération achevée, il ne restait plus qu’à tirer d’un coup sec sur la feuille qui s’est alors soulevée et déchirée dans sa partie supérieure. Tout d’abord, il convient de garder à l’esprit que le projet final présenté ci-après n’est qu’une hypothèse numérique, réalisée grâce à un logiciel de traitement photographique. Elle tient compte toutefois de plusieurs facteurs et paramètres plausibles, même s’il y a toujours une part de subjectivité dans ce type d’exercice. Cette portion a finalement été la plus simple à restituer. Les principaux éléments (œil, sourcil, pli supérieur de l’œil ciselé dans l’or) étant en place sur la moitié droite. Il a juste fallu comparer plusieurs angles de prises de vues pour déduire leur emplacement exact et opérer des raccords. Une copie par symétrie de la photographie initiale (fig. Toutankhamon, arborant le même décor rishi. Sur quels critères recomposer des traits quand il ne subsiste aucun élément pouvant servir de guide ? Cette question s’est rapidement posée d’autant que, si le fragment restant suffit, à lui seul, à reconstruire le haut du visage, il n’y a rien d’aussi concret pour la partie inférieure. Pour restituer l’aspect et l’éclat du métal précieux, il était nécessaire de trouver ces éléments sur un visage d’or contemporain, de facture proche dans la forme et dans l’esprit. Lors de cette transformation, les artisans ajoutèrent un uræus à la perruque (de forme très inhabituelle pour un cercueil royal, détail qui appuie l’hypothèse de sa destination première), et fixèrent une barbe osirienne au menton. La poitrine fut arasée, son décor de plumes refait et l’on plaça les deux sceptres royaux traditionnels, aujourd’hui perdus, dans les mains dorées. Le bandeau de texte a également subi des modifications. Cependant, les inscriptions restantes, et notamment celles de la cuve, n’ont pas été correctement ni systématiquement transformées ; ce qui laisserait supposer que le travail a été commandé dans une relative urgence. Les artisans se contentant de changer les détails les plus apparents. Il est donc tout à fait possible que le visage du couvercle ait conservé ses traits féminins et qu’on n’ait pas cherché à le transformer radicalement, l’ajout de la barbe postiche suffisant à le masculiniser. Cette hypothèse a été intégrée à la reconstruction du visage qui devait apparaître comme celui d’une femme. Toutankhamon ont été très légèrement affinés. Il s’agit d’un critère purement esthétique. Pour conclure ces quelques notes, essayons d’aller plus loin dans la reconstitution en imaginant un résultat en plan plus large, englobant le reste du couvercle du sarcophage. Le visage virtuel restauré modifie dès lors l’apparence du cercueil et la perception qu’on pouvait en avoir jusqu’ici. Cette transformation le rend, en quelque sortes, plus accessible, même s’il ne s’agit que de supputations à la palette numérique. Bovot qui montre qu’il ne s’agit pas de pilleurs.
Voir Essai de reconstitution numérique du visage du sarcophage dit « d’Akhénaton » de la KV 55
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